Posts Tagged ‘Mathématiciens’

L’ENS, machine à médaillés Fields

12 Jan 2008

Il est bien connu que tous les médaillés Fields français sont passés par la rue d’Ulm, et que leur fréquence est élevée en comparaison de tout autre établissement dans le monde.

Se pourrait-il que ce phénomène s’étende aux étudiants étrangers issus de l’ENS? Ce n’est pas impossible.

Alexander Grothendieck, apatrido-ukraino-allemand, est passé par là brièvement. Pierre Deligne, belge, y a passé un an. Mais ce ne sont pas des exemples de scolarité complète à l’Ecole.

En revanche Ngô Bảo Châu, vietnamien, si il obtient bien la médaille dans deux ans (il en a en tout cas l’étoffe: deux médailles d’or aux Olympiades Internationales, prix Clay, et aura moins de 40 ans en 2010) puisse devenir le premier véritable élève étranger à recevoir cette distinction.

J’en parle car il a mis sur arXiv cette semaine un preprint (en français) qui semble (je n’y connais rien mais la liste des remerciements en dit long) être un travail très important sur la version géométrique du Programme de Langlands faisant suite à ses travaux déjà primés avec Gérard Laumon (son directeur de thèse — académicien par ailleurs, pour faire suite au précédent post).

La question est alors: en pleine mondialisation va-t-on désormais voir les meilleurs jeunes étudiants étrangers  chercher à obtenir une place à l’ENS plutôt qu’à Cambridge ou Princeton, voire même dès le stade de la prépa? Quelle est en fait l’image de l’ENS (et des prépas) dans l’imaginaire des lycéens étrangers?

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L’âge des académiciens

11 Jan 2008

Après avoir fait un petit tour sur le site de l’Académie des Sciences je m’aperçois, outre la nomination récente de Jean-Pierre Demailly à l’âge de 50 ans, qu’en fait nos académiciens mathématiciens sont assez âgés: les plus jeunes sont Laurent Lafforgue (42 ans) et Maxim Kontsevich (43 ans) et à vue de nez la moyenne doit dépasser les 60 ans.

Je ne sais pas si c’est un bien. Que l’on songe à Legendre, élu à l’Académie à 31 ans, quelques années avant par exemple ses travaux sur la loi de réciprocité quadratique.

Bien sûr les choses ont changé depuis, que ce soit le nombre de mathématiciens de talent ou l’espérance de vie des français. Mais quand même, peut-être l’Académie manque-t-elle de trentenaires capables de faire encore bien des découvertes. Nos jeunes élèves et étudiants peuvent-ils s’identifier à des gens d’un âge aussi avancé? On peut sans malice se poser la question…